The Dark Knight Rises : Explosif comme jamais


Succès critique et médiatique de la Trilogie

En 2005, Batman Begins sort au cinéma, mettant d'accord les batfans des premiers volets des années 90, la critique et les spectateurs lambdas sur le fait incontestable qu'il est un chouette renouveau pour un personnage qui avait déjà fait ses preuves par le passé, soit le célèbre Batman. Jusque là un peu boudé au profit des Spiderman et autres blockbusters à action lourde pour grand public, Batman Begins parvient pourtant à tirer la reconnaissance qu'on lui doit grâce au cinéaste Christopher Nolan qui entreprend de mettre en scène une aventure réaliste et sombre. Batman renaît alors de ses cendres avec un premier bon volet. 

Puis nous voilà en 2008 où la surprise arrive, Nolan est attendu au tournant avec sa suite The Dark Knight. Les batfans patientent grâce à un buzz gigantesque à coup de superbes affiches et de teasers en tout genre. La date de sortie approche, tout d'abord aux USA où la sortie est fixée au 18 juillet. Le jour fatidique enfin arrive et tous les américains se rendent dans les salles obscures et les premières critiques tombent : "chef d'oeuvre" par ci, "meilleur film de tout les temps" par là. Les notes ont semblé unanimes comme on pouvait le voir sur IMDB, rottentomatoes, yahoo etc. Le phénomène médiatique a continué de se mettre en place autour du long-métrage encensé de toutes parts, mettant certains cinéphiles en rage car le film va jusqu'à détrôner Le parrain et Les évadés auprès des spectateurs d'IMDB. La sortie française n'étant que fixée au 13 août, les fans de chez nous ont dû s'armer de patience avant d'avoir droit eux-aussi à la claque que fut The Dark Knight en son temps. 

Inception passé entre temps par là, Christopher Nolan atteint très vite une renommée internationale. 2012 apparaît alors comme l'année apocalyptique où vont se marcher dans les pattes beaucoup de films à gros budgets, mais les yeux sont rivés vers le cinéaste qui a su mettre Hollywood à ses pieds par le pessimisme ambiant de son univers plongé dans un réalisme tragique. Surtout, c'est sur son The Dark Knight Rises que repose d'énormes enjeux, les blockbusters actuels étant noyés dans la médiocrité et l'artifice auquel la 3D se prête bien, lire à ce sujet mon article sur Écran Noir.  




Verdict ? (Critique sur Ecran Noir)

Si le joker avait annoncé le chaos sur Gotham en 2008 dans The Dark Knight, c'est avec le dernier volet de la trilogie que ce chaos nous parvient sous la forme d'un film extrêmement bourrin à l'image du nouvel ennemi en place : Bane. Ce dernier opus signé Christopher Nolan, attendu comme le saint Graal du blockbuster hollywoodien qui saurait remettre en place tous les autres, diffère grandement des épisodes précédents. Loin d'être torturé psychologiquement comme dans The Dark Knight, le Batman de ce troisième volet retrouve l'esprit de film d'action avec parcours initiatique qu'était Batman Begins en amplifiant tous les éléments possibles du blockbuster habituel pour un résultat complètement colossal.

La structure et le ton adoptés diffèrent donc des épisodes précédents, sorte de synthèse entre les twists d'Inception et l'action d'un The Dark Knight, The Dark Knight Rises est amené à s'imposer comme un épilogue spectaculaire et un long-métrage unique dans la filmographie d'un cinéaste qui propose à chaque fois (et ce même dans une trilogie) un travail radicalement différent. Christopher Nolan s'est donc définitivement amélioré dans sa mise en scène, quoique persistent certains tocs et manques d'approfondissements de certains plans. Il livre ici un film sauvage, d'une efficacité monstrueuse, doté de scènes d'actions absolument rocambolesques. Surtout, il va jusqu'à doubler tout ce qu'on a pu voir de plus grand dans ses deux films d'avant et nous délivre ainsi pas moins d'une heure et demie d'action non-stop ou presque. La scène du stade de football américain ou la scène du speech viennent témoigner pour la énième fois qu'il est un réalisateur sachant tirer toute la grandeur émotionnelle d'une succession de scènes d'actions brillamment orchestrées et insérées par des montages à faire trembler. Des scènes qui ne seraient d'ailleurs rien sans une BO signée Hans Zimmer, en grande forme malgré l'absence de son acolyte James newton Howard qui l'accompagnait sur les précédents volets. Un bémol toutefois : l'omniprésence de musiques lors de certaines scènes ne trouvent aucune justification, même syndrome qu'Inception donc.


Mais outre cet art à maitriser de multiples enjeux et à les accoler sans grandes difficultés, Christopher Nolan surprend par ce qu'il fait dans un hollywood trop souvent poussé à devoir tout dévoiler d'un film pour le promouvoir. Ici, tout était bien préservé et c'est quasiment comme neuve que cette nouvelle histoire de Batman se dévoile à nous. Christian Bale a le mérite d'y paraître bien moins fade et effacé que dans The Dark Knight, et c'est avec plaisir que l'on retrouve tout le reste du casting, avec la plus-value d'Inception comme Marion Cotillard ou Joseph Gordon Lewitt dans des rôles finalement moins secondaires qu'à priori. Si Gary Oldman (le commissaire Gordon) avait laissé exploser son talent dans le précédent volet, ce sont ici d'autres rôles secondaires comme Michael Caine qui trouvent justice dans de très belles scènes. Une belle récompense en somme pour ceux qui sont là depuis le début. Quant à Tom Hardy, s'il est évidemment très bon et rappelle par sa carrure son rôle dans Bronson de Winding Refn, il reste en dessous d'Heath Ledger qui éclatait l'écran à chaque apparitions avec le personnage du Joker bien moins brutal mais bien plus tortionnaire psychologiquement parlant. Tom Hardy ne marquera donc pas autant les esprits, la faute à un masque moins attrayant qu'un simple maquillage, mais reste très performant d'un bout à l'autre. Le long-métrage ne fait alors que s'adapter à la psychologie de son méchant et propose des destructions comme rarement vues, n'en déplaise à Bay ou Emmerich à la traîne. Là où on se laisse agréablement surprendre, en plus d'un caméo absolument réjouissant, c'est par la performance d'Anne Hathaway, resplendissante dès le début en Selyna Kale puis en show-girl en tenue de Catwoman. Jamais film de Christopher Nolan n'a d'ailleurs été aussi féminin, les femmes semblant être sa grande faiblesse habituelle (soit reléguées à des seconds rôles, soit vite éliminées bien qu'elles fassent partie intégrante de la psychologie du héros).

Avec un casting aussi parfait, difficile déjà de faire un mauvais pas. Et pourtant, le film va décevoir à un certain moment, manquant de ce petit quelque chose d'extrêmement noir qui faisait la grandeur de The Dark Knight et l'imposait comme pilier hollywoodien sur la société post-11 septembre. Si ce nouveau Batman est donc un sommet d'action à en éblouir les plus réservés, la part laissée à l'émotion ou la progression narrative s'avère plus faible, du moins semble-t-il. L'action reste bien entendu au service du scénario, mais The Dark Knight Rises est un grand film épique survitaminé qui en met plein la vue et c'est en cela qu'il diffère de ces prédécesseurs, bien qu'impressionnant eux-aussi mais pas jusqu'à frôler l'overdose en risquant 1h30 de film pétaradante dans tous les sens. Plus dommage encore dans ce flot incessant d'explosions est le manque de scènes anthologiques avec le nouveau véhicule, pas même une scène équivalant le camion retourné de The Dark Knight qui renversait littéralement la salle avec une chose aussi simple d'apparence. Pire encore est la dernière partie trop vite expédiée sans scènes grandement intenses, dur. Mais heureusement, une fois n'est pas coutume, le frère Nolan ayant écrit le scénario a pris soin de lui insuffler d'incroyables échos aux bouleversements de la société état-unienne (et pas seulement) flottant entre crises du pouvoir et crises monétaires, non sans la démagogie d'une lutte des classes qui sert de toile de fond à la "révolution" prônée par Bane. Quand l'on rajoute à ça une foule de détails subalternes, le film ne devrait pas souffrir de revisionnages au cinéma malgré un propos finalement assez creux.


Entre actualités et chaos, ce dernier Batman balaye tout sur son passage et offre une conclusion parfaite échappant à la malédiction des troisièmes volets de saga. Il était extrêmement difficile de surpasser The Dark Knight qui jouissait en plus de l'effet de surprise que ce nouvel épisode trop attendu n'a plus, et pourtant Christopher Nolan a réussi à presque l'égaler et à se hisser en haut du piédestal des meilleurs cinéastes régnant en maîtres sur les blockbusters actuels. C'est très fort et ça tient presque du génie de faire des oeuvres aussi réussies dans le monde cloisonné du cinéma grand public. Christopher Nolan synthétise la culture populaire hollywoodienne et y apporte son savoir faire tout européen, le tout avec des réflexions universelles. Un mastodonte de cinéma populaire, tout simplement. Que demander de plus ?

1 commentaires: (+add yours?)

Jules a dit…

Très bonne critique! Bravo! Et quel joli bouquet final, j'ai adoré le film.

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