Vers une restauration de la Ceinture de Lumière de l'Opéra de Paris

L'Opéra de Paris et l'Association pour le Rayonnement de l'Opéra national de Paris (AROP) lancent une démarche de mécénat auprès des personnes attachées au patrimoine parisien. Démarre en effet en ce moment même la première grande campagne populaire d'appel aux dons de l'Opéra national de la capitale afin d'oeuvrer à la restauration de ce que l'on nomme la Ceinture de Lumière du Palais Garnier. Une démarche qui s'inscrit pleinement dans un mouvement de restauration qui touche l'opéra depuis maintenant plus d'une décennie.  


Cette ceinture, composée de près de 60 éléments de décoration et d'éclairage, existe depuis la construction du Palais Garnier en 1875 et aucune restauration n'a depuis été entreprise, d'où le besoin d'agir maintenant. Un million d'euro est l'idéal à atteindre par les organisateurs pour la restauration de l'ensemble (comptez 100-150000€ par lampadaires et colonnes). Les travaux permettront alors non seulement de rénover la ceinture de Lumière mais aussi de réinstaller les éléments les plus dégradés qui avaient été mis de côté. Si l'État finance la restauration de la façade du Palais Garnier, aucun moyen n'a par contre pu être dégagé pour la décoration alentour, c'est pourquoi l'AROP part en quête d'âmes généreuses qui leur permettraient de mener à bien ce projet ambitieux et nécessaire. 

Cet appel a démarré le vendredi 8 février et durera pendant quatre mois. Un site internet a spécialement été dédié à l'opération, il s'agit de ceinturedelumiere.fr (vous aurez droit à une présentation par Stephane Bern et des informations plus détaillées, compte twitter à suivre : @CeintureLumière). Sachez que des gratifications diverses seront mises en place pour les humbles donateurs, dont une gravure des éléments restaurés pour ceux qui contribueront à une hauteur de plus d'un millier d'euros, voire même la possibilité d'apposer son nom sur une plaque pour un élément entièrement restauré par tel ou tel donateur. 


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Amour, une palme d'or bouleversante

Grand retour de Michael Haneke après son oeuvre Le ruban blanc déjà couronnée d'un fort succès critique en 2009, et quel retour puisque c'est avec une nouvelle palme d'or qu'il vient s'imposer sur les écrans en 2012. Après vision de son nouveau long-métrage, on se dit que finalement, peu importe qu'Holy Motors de Leos Carax, débordant de créativité et qui démarre presque de la même manière, ait été boudé au profit de cette réalisation très classieuse qui est amené à bouleverser une grande majorité de son public. 



On connaissait le goût d'Haneke pour les plans séquences et les huis-clos, Amour ne déroge pas à ses affections en se posant dans l'habitation de deux personnes âgées plutôt bourgeoises avec une caméra quasi contemplative. L'amour est palpable dans chaque pièce emplies de souvenirs et dont la tendresse s'étale jusque sur les murs, l'amour est partout, entre les corps, dans le regard, les paroles. Chaque instant qui rythme ce long-métrage de deux heures déborde d'une affection inouïe au point de tirer sur l'émotion à l'aide de simples mouvements ou dialogues. C'est un spectacle intenable, qui ne devrait pas être montré si l'on en croit une réplique du personnage incarné par Jean-Louis Trintignant, et c'est avec une dérision habituelle (on n'oublie pas la télécommande de Funny Games) qu'Haneke nous le dévoile, non sans froideur et certaine distance afin d'éviter le pathos. 

Tout est simple, extrêmement beau et grand, mais simple, c'est une histoire d'amour qui s'est écrite dans la durée et dont on contemple impuissant la chute, tout en devinant un passé énorme entre les protagonnistes. D'une tristesse infinie dans tout ce que cela représente, Amour est une ode à la vie, à la joie, à cette union des corps quand bien même l'un se dégrade pour perdre ce que l'enfance a acquit (la parole, le mouvement...). Quand bien même le ciel somme l'un de le rejoindre, c'est un refus qu'il obtient car l'un doit rester envie ne serait-ce car l'autre en a encore besoin. Haneke ressuscite ainsi l'amour dans ce qu'il a de plus débordant et de pacificateur, de plus originel et passionnel, illustrant avec merveille cette idée que l'amour dépasse jusqu'à la décrépitude de la chair et se passe au delà de toute considération physique. 

Amour apparaît donc comme un film absolument complet sur le sujet. Non pas qu'il retrace la vie entière d'une vie partagée à deux, mais qu'il en montre les étincelles finales, rares et précieuses sans pour autant être inédites, le sujet de fin de vie de couple ayant déjà été traité des dizaines de fois mais sûrement jamais avec autant de brio. C'est un film qui résonne particulièrement bien si l'on y va en couple avec la personne de notre vie, mais au delà de ça c'est un film universel. Haneke fixe cet amour au travers de ses cadres et rattache les corps dans ces tableaux virtuoses sur lesquels viennent de temps en temps s'accoler quelques notes de piano. Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva font éclore ces sentiments à l'écran et distillent un suspense sentimental poignant autour duquel navigue de temps à autre la toujours excellente Isabelle Huppert qui avait, rappelons-le, déjà sublimé un film de ce cinéaste en 2001 : La pianiste. Haneke prend alors bien soin de laisser libre cours aux dialogues du couple principal, dialogues s'étalant dans des plans séquences exaltant la fixité de cet amour à la posture semble-t-il éternelle. Tout y est, les plus belles et tristes choses de la vie s'y confondent.

Peut-être la plus belle image d'Amour n'est non pas un plan du film, pas même la voisine effondrée ou l'autre en diagonale qui s'essuie les yeux tout du long, mais celle à la sortie du cinéma d'un jeune couple tendrement enlacé dont l'un (ou les deux) se rassurent, à priori larmes aux yeux, dans les bras l'un de l'autre. C'est tout l'effet que fait l'immense film d'Haneke. On a envie d'aimer, aimer à s'en adorer, à s'en attendrir le coeur, de vieillir ensemble et ce jusqu'à ce que la mort nous sépare. La claque émotionnelle de l'année sans aucun doute.

SPOILER

Mais outre une oeuvre remarquable, Amour, avec sa palme d'or qui va lui conférer une place de choix au sein du cinéma international, a des chances de devenir un modèle pour ceux qui revendiquent le droit de mourir dans la dignité et pourrait éventuellement faire bouger les lignes dans certains pays. Si Haneke reste glacial et évite tout sentimentalisme trop encombrant, le final où le personnage de Jean-Louis Trintignant décide d'en finir avec la douleur de sa femme surprend. Ne serait-ce que par sa place, la scène survient après une longue partie de déchéance humaine durant laquelle on assiste impuissant à la détérioration de la situation de ce couple. L'acte en lui-même arrive après un dernier instant partagé à deux où le "mal" répété inlassablement semble avoir prit fin grâce aux douces paroles du cher et tendre. Dès lors la douleur morale enfin envolée peut alors s'esquisser une toute dernière douleur physique dont s'ensuivra la mort, véritable libération et dernière offrande, la plus absolue : celle de l'amour jusqu'à la toute fin, celle d'un homme à sa femme qui n'est déjà plus depuis bien trop longtemps. 

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Laurence Anyways, chic mais too-much

Grand et fastidieux retour du jeune mais déjà très célèbre Xavier Dolan avec ce Laurence Anyways d'une durée de 2h45. Troisième film, trois fois plus ambitieux, trois fois plus casse-gueule dira-t-on. Le jeune homme touche-à-tout (producteur, monteur, acteur parfois, réalisateur surtout), livre ici son film le plus adulte et le plus écrasant.

Dès le tout début, rien ne nous est épargné de tous les tics habituels du prodige québecois qui se livre à une sorte d'onanisme sur tout ce qui marque habituellement son cinéma : ralentis, recherche du plan original, cadre très serré (le format 4/3 déroute). En l'état, c'est presque irrégardable tant le style foisonnant est surchargé et peine à accrocher sur la complicité du couple dont la moitié des dialogues sont étouffés par les musiques présentes. Bien heureusement, Dolan relâche peu à peu la pression et laisse respirer son film, traçant le cadre autour de ses deux acteurs principaux, au calme, et laissant peser le poids de la révélation de l'homme désirant devenir femme. 


Chose inattendue, Suzanne Clément sera le plus grand intérêt du film, loin devant Melvil Poupaud qui joue pourtant très convenablement ce rôle de transexuel en quête de liberté. C'est même sur ses épaules à elle que vont se porter les longues heures du film, et sur elle que le propos aurait judicieusement gagné à être axé. En effet, loin d'être inintéressante, la transformation de Poupaud n'emporte pas totalement l'adhésion, bien qu'elle livre son lot de scènes mémorables comme celle de l'arrivée en classe où la pression est palpable. Mais c'est plutôt l'acceptation de sa femme qui émeut, touche, et nous emporte sur cette longue fresque de dix années de la vie d'un couple. Suzanne Clément délivre ainsi une prestation d'une justesse incroyable, ébouriffante avec ce que Dolan fait d'elle :  un spectacle pimpant qui défile comme un mannequin et modèle de coiffure. Un spectacle qui trouve son apogée lors de la bluffante scène du bal fastueux où elle déambule, fêtarde, dans une esthétique quasi-publicitaire voire clipesque vu le contenu musical entraînant. 

Xavier Dolan n'est ainsi pas en reste quand il s'agit d'éblouir par des scènes virtuoses sachant user avec grande maîtrise d'une bande originale plus que soignée. Il l'a déjà fait et il le fait encore avec grand plaisir. De Visage en passant par Moderat, des sonorités électrisantes nous amènent précieusement vers de très belles choses cinématographiquement parlant. Ainsi, si les 2h45 peuvent paraître longues par instant, en plus d'un agrandissement du cadre à partir de la moitié afin d'introduire des personnages secondaires inutiles ne servant qu'à relancer l'histoire, Dolan sait nous chérir avec des séquences d'une beauté folle. Parmi les plus dingues, on compte évidemment celle de la pluie de fringues dans le ciel, sans doute l'un des plus grands passages à voir au cinéma depuis des semaines (je dirais depuis le Faust de Sokourov). Xavier Dolan touche enfin à l'art, la création, sans faire dans l'excentricité pompeuse habituelle dont le début du film et d'autres moments sont la caricature la plus outrée, enchaînant effets de style outranciers et musiques classiques too-much. 

Ce Laurence Anyways, s'il demeure inférieur à J'ai tué ma mère ou Les amours imaginaires, reste un film qui se suit sans déplaisir mais déborde par son trop-plein de style, son trop-plein de personnages encombrants et ses intrigues secondaires qui ne trouvent pas leurs voix. Xavier Dolan assurait vouloir réaliser son Titanic à lui, et s'il y a bien l'amplitude de la durée, la frénésie du couple bousculé par des choses nouvelles tourne très souvent à vide et verse bien trop dans le remplissage. Dommage, car une fois fini, hormis la tolérance qu'auront acquis certains spectateurs peut-être réticents, il ne reste que trop peu de choses de cet amour impossible dont le seul but est de questionner sur ce qui a changé aujourd'hui. 

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The Dark Knight Rises : Explosif comme jamais


Succès critique et médiatique de la Trilogie

En 2005, Batman Begins sort au cinéma, mettant d'accord les batfans des premiers volets des années 90, la critique et les spectateurs lambdas sur le fait incontestable qu'il est un chouette renouveau pour un personnage qui avait déjà fait ses preuves par le passé, soit le célèbre Batman. Jusque là un peu boudé au profit des Spiderman et autres blockbusters à action lourde pour grand public, Batman Begins parvient pourtant à tirer la reconnaissance qu'on lui doit grâce au cinéaste Christopher Nolan qui entreprend de mettre en scène une aventure réaliste et sombre. Batman renaît alors de ses cendres avec un premier bon volet. 

Puis nous voilà en 2008 où la surprise arrive, Nolan est attendu au tournant avec sa suite The Dark Knight. Les batfans patientent grâce à un buzz gigantesque à coup de superbes affiches et de teasers en tout genre. La date de sortie approche, tout d'abord aux USA où la sortie est fixée au 18 juillet. Le jour fatidique enfin arrive et tous les américains se rendent dans les salles obscures et les premières critiques tombent : "chef d'oeuvre" par ci, "meilleur film de tout les temps" par là. Les notes ont semblé unanimes comme on pouvait le voir sur IMDB, rottentomatoes, yahoo etc. Le phénomène médiatique a continué de se mettre en place autour du long-métrage encensé de toutes parts, mettant certains cinéphiles en rage car le film va jusqu'à détrôner Le parrain et Les évadés auprès des spectateurs d'IMDB. La sortie française n'étant que fixée au 13 août, les fans de chez nous ont dû s'armer de patience avant d'avoir droit eux-aussi à la claque que fut The Dark Knight en son temps. 

Inception passé entre temps par là, Christopher Nolan atteint très vite une renommée internationale. 2012 apparaît alors comme l'année apocalyptique où vont se marcher dans les pattes beaucoup de films à gros budgets, mais les yeux sont rivés vers le cinéaste qui a su mettre Hollywood à ses pieds par le pessimisme ambiant de son univers plongé dans un réalisme tragique. Surtout, c'est sur son The Dark Knight Rises que repose d'énormes enjeux, les blockbusters actuels étant noyés dans la médiocrité et l'artifice auquel la 3D se prête bien, lire à ce sujet mon article sur Écran Noir.  




Verdict ? (Critique sur Ecran Noir)

Si le joker avait annoncé le chaos sur Gotham en 2008 dans The Dark Knight, c'est avec le dernier volet de la trilogie que ce chaos nous parvient sous la forme d'un film extrêmement bourrin à l'image du nouvel ennemi en place : Bane. Ce dernier opus signé Christopher Nolan, attendu comme le saint Graal du blockbuster hollywoodien qui saurait remettre en place tous les autres, diffère grandement des épisodes précédents. Loin d'être torturé psychologiquement comme dans The Dark Knight, le Batman de ce troisième volet retrouve l'esprit de film d'action avec parcours initiatique qu'était Batman Begins en amplifiant tous les éléments possibles du blockbuster habituel pour un résultat complètement colossal.

La structure et le ton adoptés diffèrent donc des épisodes précédents, sorte de synthèse entre les twists d'Inception et l'action d'un The Dark Knight, The Dark Knight Rises est amené à s'imposer comme un épilogue spectaculaire et un long-métrage unique dans la filmographie d'un cinéaste qui propose à chaque fois (et ce même dans une trilogie) un travail radicalement différent. Christopher Nolan s'est donc définitivement amélioré dans sa mise en scène, quoique persistent certains tocs et manques d'approfondissements de certains plans. Il livre ici un film sauvage, d'une efficacité monstrueuse, doté de scènes d'actions absolument rocambolesques. Surtout, il va jusqu'à doubler tout ce qu'on a pu voir de plus grand dans ses deux films d'avant et nous délivre ainsi pas moins d'une heure et demie d'action non-stop ou presque. La scène du stade de football américain ou la scène du speech viennent témoigner pour la énième fois qu'il est un réalisateur sachant tirer toute la grandeur émotionnelle d'une succession de scènes d'actions brillamment orchestrées et insérées par des montages à faire trembler. Des scènes qui ne seraient d'ailleurs rien sans une BO signée Hans Zimmer, en grande forme malgré l'absence de son acolyte James newton Howard qui l'accompagnait sur les précédents volets. Un bémol toutefois : l'omniprésence de musiques lors de certaines scènes ne trouvent aucune justification, même syndrome qu'Inception donc.


Mais outre cet art à maitriser de multiples enjeux et à les accoler sans grandes difficultés, Christopher Nolan surprend par ce qu'il fait dans un hollywood trop souvent poussé à devoir tout dévoiler d'un film pour le promouvoir. Ici, tout était bien préservé et c'est quasiment comme neuve que cette nouvelle histoire de Batman se dévoile à nous. Christian Bale a le mérite d'y paraître bien moins fade et effacé que dans The Dark Knight, et c'est avec plaisir que l'on retrouve tout le reste du casting, avec la plus-value d'Inception comme Marion Cotillard ou Joseph Gordon Lewitt dans des rôles finalement moins secondaires qu'à priori. Si Gary Oldman (le commissaire Gordon) avait laissé exploser son talent dans le précédent volet, ce sont ici d'autres rôles secondaires comme Michael Caine qui trouvent justice dans de très belles scènes. Une belle récompense en somme pour ceux qui sont là depuis le début. Quant à Tom Hardy, s'il est évidemment très bon et rappelle par sa carrure son rôle dans Bronson de Winding Refn, il reste en dessous d'Heath Ledger qui éclatait l'écran à chaque apparitions avec le personnage du Joker bien moins brutal mais bien plus tortionnaire psychologiquement parlant. Tom Hardy ne marquera donc pas autant les esprits, la faute à un masque moins attrayant qu'un simple maquillage, mais reste très performant d'un bout à l'autre. Le long-métrage ne fait alors que s'adapter à la psychologie de son méchant et propose des destructions comme rarement vues, n'en déplaise à Bay ou Emmerich à la traîne. Là où on se laisse agréablement surprendre, en plus d'un caméo absolument réjouissant, c'est par la performance d'Anne Hathaway, resplendissante dès le début en Selyna Kale puis en show-girl en tenue de Catwoman. Jamais film de Christopher Nolan n'a d'ailleurs été aussi féminin, les femmes semblant être sa grande faiblesse habituelle (soit reléguées à des seconds rôles, soit vite éliminées bien qu'elles fassent partie intégrante de la psychologie du héros).

Avec un casting aussi parfait, difficile déjà de faire un mauvais pas. Et pourtant, le film va décevoir à un certain moment, manquant de ce petit quelque chose d'extrêmement noir qui faisait la grandeur de The Dark Knight et l'imposait comme pilier hollywoodien sur la société post-11 septembre. Si ce nouveau Batman est donc un sommet d'action à en éblouir les plus réservés, la part laissée à l'émotion ou la progression narrative s'avère plus faible, du moins semble-t-il. L'action reste bien entendu au service du scénario, mais The Dark Knight Rises est un grand film épique survitaminé qui en met plein la vue et c'est en cela qu'il diffère de ces prédécesseurs, bien qu'impressionnant eux-aussi mais pas jusqu'à frôler l'overdose en risquant 1h30 de film pétaradante dans tous les sens. Plus dommage encore dans ce flot incessant d'explosions est le manque de scènes anthologiques avec le nouveau véhicule, pas même une scène équivalant le camion retourné de The Dark Knight qui renversait littéralement la salle avec une chose aussi simple d'apparence. Pire encore est la dernière partie trop vite expédiée sans scènes grandement intenses, dur. Mais heureusement, une fois n'est pas coutume, le frère Nolan ayant écrit le scénario a pris soin de lui insuffler d'incroyables échos aux bouleversements de la société état-unienne (et pas seulement) flottant entre crises du pouvoir et crises monétaires, non sans la démagogie d'une lutte des classes qui sert de toile de fond à la "révolution" prônée par Bane. Quand l'on rajoute à ça une foule de détails subalternes, le film ne devrait pas souffrir de revisionnages au cinéma malgré un propos finalement assez creux.


Entre actualités et chaos, ce dernier Batman balaye tout sur son passage et offre une conclusion parfaite échappant à la malédiction des troisièmes volets de saga. Il était extrêmement difficile de surpasser The Dark Knight qui jouissait en plus de l'effet de surprise que ce nouvel épisode trop attendu n'a plus, et pourtant Christopher Nolan a réussi à presque l'égaler et à se hisser en haut du piédestal des meilleurs cinéastes régnant en maîtres sur les blockbusters actuels. C'est très fort et ça tient presque du génie de faire des oeuvres aussi réussies dans le monde cloisonné du cinéma grand public. Christopher Nolan synthétise la culture populaire hollywoodienne et y apporte son savoir faire tout européen, le tout avec des réflexions universelles. Un mastodonte de cinéma populaire, tout simplement. Que demander de plus ?

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Sigur Rós et leur projet artistique


C'est le 26 mars que l'album Valtari se révèle par un premier titre envoûtant au clip obscur, sorte de plan fixe aux couleurs changeantes durant lequel circule un bateau dans les airs. La date de sortie y est annoncée, le 28 mai, date du grand retour du groupe islandais dont le dernier album remontait maintenant à 2008.

Quelle ne fut alors pas ma surprise en découvrant que le groupe choisit de développer un projet commun autour de ce nouvel album, sobrement intitulé "The valtari mystery film experiment", dont le but consisterait à permettre à des artistes d'illustrer un titre de l'album par des moyens qui seraient les mêmes pour tous (10 000$). Le groupe exprime ainsi sur la page officielle du projet : "Nous n'avons jamais songé à ce que résulte de notre musique une émotion pré-programmée. Nous ne voulons dire à personne comment se sentir ni ce qu'il faut en retirer. Avec les films, nous n'avons littéralement aucune idée de ce que les réalisateurs vont nous rapporter. Aucun d'entre eux ne savent ce que les autres font, on peut donc espérer quelque chose d'intéressant."  

Le premier clip du projet est publié le 25 mai et joue sur le rapport à la respiration, le titre de Sigur Ros traduit étant "Je respire". Un résultat saugrenu quasi-éducatif mettant un certain temps à démarrer avant de devenir plutôt cocasse. Il est réalisé par Ragnar Kjartanson -artiste ayant expérimenté dans l'art visuel et la musique- qui explique qu'il s'agit de la première vidéo pop utile de l'histoire.


Le second clip illustre le meilleur titre de l'album avec un petit bijou visuel. Une merveille passionnante d'un bout à l'autre mise en ligne le 6 juin. On la doit à Inga Birgisdóttir, diplômée en art et ayant déjà réalisé des clips pour d'autres artistes. Elle s'intéresse ici aux avertissements (traduction du titre Varúo) et s'est filmée en réalisant des signaux avant de s'insérer sur ce qui figure au départ être une carte postale.


La vidéo la plus connue, forcément, Shia Labeouf s'y met à nu physiquement et avec talent. Alma Har'el dirige ce couple plongé dans la destruction et force est de constater que le résultat créatif est un poil plus alambiqué que le reste. Un article du Wall Street Journal dans lequel on peut retrouver l'interview de l'artiste vous aidera à y voir plus clair dans ce nouveau clip publié le 18 juin.

Découvrez le tout nouveau clip dévoilé aujourd'hui. Noir et blanc épuré, travail qui s'apparente davantage à un travail photographique. Un résultat agréable et doux.


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