Pisse of art


De l'eau a coulé sous les ponts depuis l'affaire de l'affichage dans une exposition à Avignon de l'oeuvre Piss Christ, cette photographie controversée de l'artiste américain Andres Serrano, réalisée en 1987 et qui mêlait son sang plus son urine à un crucifix. Original pour certains, blasphématoire pour d'autres (ces intégristes religieux dont on ne se défait pas), Piss Christ a suscité moult réactions de son public en avril dernier, parfois virulentes, à la manière de l'affaire des caricatures de Mahomet qui avait créé un véritable tollé en 2005 suite à leurs parutions dans un journal danois, repris début 2006 par Charlie-hebdo, affaire qui s'est même conclue au tribunal.

Et pourtant, loin de toutes ces affaires religieuses à scandale se trouvent d'autres idées toutes aussi scabreuses empruntes à la douce poésie du monde, à la chaleur artistique qui berce... les testicules de chaque homme. En effet, un artiste a eu pour objet d'assembler un mètre cube de sperme où chacun pourrait alors participer en donnant un peu de sa semence afin de prendre part à cette oeuvre collective, quoi de plus ludique après tout ? Le sperme aurait ensuite été congelé puis exposé dans un cube minimaliste. La subversion artistique n'est sans nul doute pas très loin du but recherché par Philippe Meste, le plasticien à qui est venue cette d'idée.  

"Le projet Spermcube ne se contente pas de « déplacer », il déracine ; brouille les pistes, exagère, attaque dans toutes les directions. Il incarne un Stakhanovisme de secrets et de sécrétions, d'obscénités et de rétractations, hyperboles de violence et anonymat écrasant. Il est réellement universel, évoque le monde avec force, ou bien, est la plus grande synecdoque du monde. Il compose avec le déraisonnable, l'impossible et le réalisable", voilà ce qu'exprime Mihnea Mircan à son sujet, traduit de l'anglais par Emily King en 2006, à lire en intégralité ici.

En revanche, le projet semble être tombé dans l'oubli, le site officiel ne fonctionne plus et rien n'avance depuis des années, l'art apparaît donc comme encore entravé par certaines contraintes morales, et chacun jugera de ce qu'il pense de ceci. Puis après tout, sans nul doute que les limites d'aujourd'hui feront les transgressions de demain.  Pour voir ce qu'il reste des consignes pour la participation collective de l'oeuvre, voici des détails supplémentaires.


Loin encore de ces idées farfelues et tout en n'omettant pas de glisser un mot sur Andy Warhol qui urinait sur du cuivre pour certaines de ses oeuvres, on trouve alors en remontant un peu le temps la célèbre Fontaine de Duchamp, dont vous trouverez l'illustration juste ci-dessous. La version originale de l'oeuvre, présentée à New York en 1917, est aujourd'hui introuvable. Il s'agit sur la photo d'une réplique parmi d'autres ayant été réalisée sous la direction de Duchamp en 1964. L'une de ces copies a été acquise en 1986 par l'État français pour la collection du Centre Georges-Pompidou, et tel que leur site nous l'informe, l'objet est signé "en parodiant le nom du propriétaire d'une grande fabrique d'équipement". Si la fontaine est au départ refusée en 1917 par un comité d'exposition censé tout accepter, l'aide d'un ami à Duchamp aidera finalement à un mythe naissant autour d'elle. "Selon Duchamp, l'artiste n'est pas un bricoleur et, dans l'art, l'idée prévaut sur la création."


Au final on tient là l'une des oeuvres les plus controversées du siècle dernier, "l'urinoir [a même] été désigné l'oeuvre la plus influente du 20e siècle par des artistes, galeristes, critiques et par des conservateurs de musée londoniens en 2004" nous explique-t-on ici. Cette fontaine se révèle alors très intéressante, surtout si vous jetez un oeil par  où se trouve une explication captivante de ce qui en fait une pièce d'art extrêmement recherchée. Celle-ci recèle de bien plus de surprises qu'on ne pourrait l'imaginer à première vue, et l'analyse de Julien Martial élucidera pour vous son mystère, impérativement à lire pour quiconque s'intéresse à l'art. Et pour ceux-là même qui seraient désireux de transformer leurs propres toilettes en pièce artistique, sachez qu'il existe un autocollant à acheter basé sur l'oeuvre de Duchamp, original et bien pensé.


Toujours plus racoleur, voilà ce que l'on pouvait trouver dans les toilettes d'un restaurant à Hamilton en Ontario en 2010, avant qu'ils soient en toute logique retirés car remis en cause : Misogynie, sexisme, tout ça. Forcément, uriner dans une bouche saillante de femme revête un attrait plutôt licencieux, bien qu'encore une fois, la notion d'art change selon les avis recueillis, plus d'infos sur l'affaire ici ou .

Et cet article ne serait pas complet sans le célèbre restaurant taïwanais où la cuvette est devenu le siège de tous, siège d'un grand n'importe quoi surtout, mais à tester entre amis pour se marrer lors d'une soirée, pourquoi pas après tout ? Sommes-nous encore à ça près dans le mauvais goût ? Et en parlant de goût, qui n'a jamais rêvé de déguster une glace dans des petits pots voire même de manger des pâtes à l'intérieur de fausses toilettes ? Non personne ? Et bien voilà, to eat or to pee, that's the question.



Loin de tout ça donc, mais tout en restant dans le domaine scabreux et artistique, voici alors le Thermochromic Urinal pour les hommes. Tel que vous pouvez le voir sur la photo plus bas, il s’agit d’un revêtement coloré réagissant à la chaleur de l'urine qui s'y déverse. Rien de bien alléchant alors, mais pour quiconque souhaiterait exhiber sa folie créatrice en allant satisfaire ses besoins primaires, voilà qui est désormais possible… n'en déplaise aux dames et demoiselles qui ne peuvent se livrer à pareil instinct artistique.




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2 commentaires: (+add yours?)

Anonyme a dit…

Scatologie quand tu nous tiens...

zyplox, virtumain a dit…

Dommage qu'il n'y ai pas le nom des artistes.

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